Romain Langlois
Sculptor
In French
Spoken in French. Their words, as they said them; no translation yet.
Quand je suis dans un paysage, j'ai l'impression d'être dans la 1re fleur qui est ici, dans la seconde là, dans la racine, dans le bois mort qui est à côté, dans les montagnes au loin, dans le nuage qui s'efface, d'être complètement dans le dans le tout, ça pénètre en moi, c'est incroyable.
Jusqu'au point de sentir presque la la la fleur qui est en train de pousser et de s'ouvrir, c'est des instants qui sont vraiment de grâce.
Il y a quelque chose aussi de très intéressant là-dedans, ça j'y reviens, de chercher ce qui lie les êtres humains. Il y a quelques années, faisais du figuratif pur et dur et j'aimais beaucoup ça. Et moi je suis un gamin de la forêt, je suis vraiment un gamin de la forêt et ce qui me parle ça va être une branche, ça va être un tronc, ça va être une herbe quelque chose comme ça et ça c'est marrant parce que c'est ce qui va parler aussi à l'Afghanistan, c'est ce qui va parler aussi René Palais, c'est ce qui va parler à différentes cultures. Ce lien naturel est quelque chose que tous les êtres humains, on peut, c'est notre monde, on ne peut pas se passer de ça. Et c'est toujours intéressant de voir que d'une culture à l'autre, les rochers ont un nom, ils sont baptisés c'est le rocher de l'aigle ou le rocher du dragon ou dans toutes les cultures je crois, il y a ce lien à l'environnement qui est très présent. Et tout ça, ça crée presque une espèce de conscience collective humaine un peu c'est pas général mais voilà c'est une conscience collective humaine qui va faire que le lien qu'on a un arbre et bien souvent on va s'asseoir sous son feuillage, on va s'y détendre, on va parler, ce n'est pas toujours le cas sur un rocher, sur un rocher on sera plus enclin à méditer dessus, à être dans un silence et je pense qu'il y a vraiment des mouvements très naturels humains qui sont en corrélation avec son environnement et du coup j'ai arrêté de faire des visages, de la figuration pour me dire ok, finalement il y a quelque chose qui est commun à toutes les cultures, c'est l'environnement naturel, si je décide de parler de baptiser un rocher ou je sais pas où de parler de c'est quoi un arbre, c'est quoi un rocher, quelle substance il coule dedans, comment l'imaginaire peut se dérouler autour et d'être un peu empreint de cette conscience collective humaine, c'est très intéressant dans l'analyse de voir que quelque chose créé ici sur le sol français puisse parler en Inde de la même manière presque de la même manière ou puisse parler de la même avec la même subtilité Jakarta ou je ne sais pas au Canada et ça c'est quelque chose je trouve qui est très intéressant à travailler, cette mémoire collective humaine mais qui n'est pas qu'une mémoire qui est qui est aussi quelque chose qui est très vivant et présent je pense chez tous les êtres humains on ne fera pas croire que que que personne n'aime se poser sur un rocher ou sous un arbre quoi c'est ça même pour ceux qui sont qui vivent en ville on pourra pas croire qu'ils n'aiment pas être sur la pelouse. Ce n'est pas possible. C'est dans notre ADN.
Hier je te disais je suis tombé sur, à Paris là sur ce, la définition du ma, sur cette définition. J'ai acheté ce tout petit livre qui invente et qui vient juste déterminer que le ma, cette consonance, ce symbole japonais définit l'espace entre 2. Et j'aime cette notion d'espace entre 2.
On pourrait imaginer par exemple que 2 hommes politiques se font face, qu'ils disent rien, qu'ils se regardent intensément et que ce soit dans la, dans cet espace entre 2 où l'un ou l'autre va gagner ou va prendre le pas sur l'autre sans rien dire juste en termes de de puissance d'expression ou que sais-je d'un regard ou autre ou simplement de de ce qui émane de la personne. Cette notion d'entre 2, elle vaut pour un objet, elle vaut pour les êtres humains, elle vaut pour un paysage, elle vaut je pense pour beaucoup de choses. Pour moi, travailler dans cet espace d'humain, c'est complètement redéfinir, offrir aussi la possibilité de redéfinir ce qu'on considère comme perçu, comme connu. Et j'aime jouer dans cet espace en déstabilisant justement notre compréhension du connu. Ce que je pense que c'est dans cet espace où on peut complètement réapprendre les choses.
On peut les réapprendre parce que justement, parfois on va être obligé de fermer les yeux, parfois on va être obligé de toucher, parfois on va être obligé de tourner autour, de regarder un petit peu plus. Et je trouve que c'est un espace finalement où on est encore aussi complètement enfant à l'intérieur.
On est connecté aussi par ce mouvement de va-et-vient à ce qui va être ici, mais aussi à ce qui va être là, là, et du coup, voilà, c'est un espace de porosité, c'est ça, c'est un espace de porosité. Et cet espace de porosité, il nous fait complètement, il il il il nous donne les indications pour définir notre monde, travailler avec des choses dans cet espace, c'est pouvoir redéfinir notre monde.
Ce qui m'intéresse, ce n'est pas l'objet qu'on place, ce n'est pas la sculpture, c'est la réaction qu'il va y avoir entre la sculpture et la personne. Ça, c'est intéressant parce qu'à partir de ce moment-là, il y a quelque chose qui peut qui peut naître, on pense tous avoir défini nos contours finalement et finalement on passe une centaine d'années à apprendre à redéfinir et à redéfinir nos contours. On le fait tous, même les personnes qui disent je suis monolithique et je ne bougerai pas, c'est pas vrai, c'est pas possible. Il y aura toujours un moment dans la vie où où le monolithique y va, il va aller un tout petit peu de côté. Et donc en fait c'est un espace de de travailler dans cet espace, c'est c'est amener un espace de réflexion en plus, c'est un espace de compréhension, c'est aussi un espace où on peut avoir les yeux un peu d'un enfant et surtout c'est ouvrir l'espace, c'est-à-dire travailler ici, ce n'est pas travailler là, pas non plus travailler ici. Donc c'est aussi placer la chose un tout petit peu en dehors de soi pour aussi impulser ce mouvement d'aller vers la chose mais quand je dis la chose ça peut être aussi un être humain, ça peut être comme un danseur aussi qui est là, qui est en train de faire une performance ou simplement un espace vide qui n'est pas si vide que ça.
La sculpture pour moi-même, l'art pour moi-même, j'ai fouillé mes entrailles pendant 10 ans, je sais ce qu'il y a dedans. Je pourrais continuer pendant 10 ans, je n'en serais pas plus heureux. Je crois que c'est un, quand on commence à être artiste, on commence toujours par ça. On va fouiller ses entrailles, son ombre, on dégueule sur la toile ou sur la terre, on se trouve, La matière est toujours vivante donc il y a une interaction à la matière vous fait dire tu as placé ça en moi regarde moi et si tant est qu'on souhaite avoir une analyse sur ce qu'on a créé on a forcément un miroir de soi-même donc pendant des années et des années, je pense que tout artiste commence par faire ce travail. C'est comme un travail d'épuration, de connaître chacune de ces strates et les strates les plus basses comme on en parlait hier peuvent complètement remonter à la surface et servir aussi. Donc il n'y a pas de, il n'y a pas hier peuvent complètement remonter à la surface et servir aussi. Donc il n'y a pas de, il n'y a pas de, il n'y a pas d'enjeu de de de dire c'est mal, c'est bien, non c'est juste voilà, qu'est-ce qu'il y a finalement comme énergie au fond des entrailles, au fond son esprit et comment on apprend à les utiliser pour qu'après tout ça finisse finissent à côté et au fond je reviens sur cette idée de sourire de mes entrailles de tout ce qui me compose sort un sourire c'est quand même un tout petit peu mieux que si c'est un visage fermé qui n'est pas ouvert aux autres, qui ne procure rien, qui ne va pas vers l'autre ou qui ne va pas dans un paysage aussi. Ce que je trouve fou justement, c'est que j'ai la certitude que chacune des personnes aussi fermées qu'elle soit aussi dans toutes les douleurs de vie qu'elle a pu avoir parce qu'on n'est pas fermé pour rien, on la place dans un paysage, elle aura ce sourire, elle aura cette connexion, elle aura son esprit qui part et un léger sourire commencera à naître. Donc je pense qu'il est, ce sourire-là, il est complètement humain quoi.
Du coup voilà j'aimerais être autre chose qu'artiste, mais je le suis, j'aimerais vraiment être autre chose, ça doit être hyper agréable d'avoir une vie normale et comme tous les autres et de passer complètement inaperçu de se planquer, de faire en sorte que que personne ne vous voit et que et que personne ne vous juge et de de de mais mais voilà bon je suis comme ça, je vais pas changer ça m'étonnerait parce que c'est au fond de mes entrailles cette proposition-là et par contre voilà ce qui est ce qui est ce qui est ce qui est ce qui est des plus importants pour moi à l'heure actuelle à la moitié de ma vie à 40 ans c'est c'est hop voilà d'amener quelque chose et qui soit qui soit pas comme ça qui soit quelque chose d'une offrande, d'une offrande, d'une offrande pour les autres. Ça me tient vraiment à coeur de réaliser ça. Ça c'est la part artiste. La part humain c'est la même, malheureusement.
Pendant des années, je me suis défini comme étant artiste sculpteur parce que ça donne une étiquette, ça donne, ça fait rentrer un petit peu cette case du troubillon, du fou du roi, on sait pas trop ce qu'on est nous autres artistes, connectés, connectés à quoi, connectés à qui, Des éponges, génial, trop d'émotions, super.
La personne à côté est plus importante que chercher une ligne indéfiniment dans le marbre ou la personne à côté est bien plus importante que ça. Donc donc cette pratique que j'avais de sculpteur aujourd'hui elle est plus du tout d'actualité, elle est, elle se réoriente complètement sur comment est-ce qu'on lit l'art qui a un mouvement d'aller vers l'autre, un mouvement d'émotion, c'est pas forcément moi d'ailleurs qui en suit l'instigateur là, le mouvement vient, hop, c'est presque du du du Qi Gong ou du tachy, c'est juste quelque chose qui passe, moi mon job c'est de le mettre dans la réalité, c'est comme ça que j'entrevois les choses, c'est de le placer dans la pierre, de placer dans le bois, de placer dans quelque chose et même si c'est évanescent, même si ça dure 10 secondes ou une éternité qu'importe c'est pas la temporalité qui est important. Le mouvement c'est ça, c'est quelque chose vient, il suit son chemin, il fait ça, il continue et peut-être qu'en faisant ça, ça va simplement prendre un peu plus d'élan, un peu plus d'envol, oui dans le fond c'est pas mal ça Aujourd'hui plus qu'avant, aller vers la, parce qu'il y a le plus beau dans la vie, l'être humain.
Il est beau ce con. Il est con. Aujourd'hui il est, mais il est beau. Il est vraiment beau.
Je comprends pas qu'on puisse pas qu'on puisse pas plus le voir.
Il y a tout tout tout tout toute la beauté en lui.
Parce que je peux le dire plus.
Comme ça j'ai un oeil qui te voit en direct et l'autre oeil, oeil un peu caché par le. D'accord ok. Donc c'est pour que ton regard soit pas directement dans l'optique mais juste un peu en travers.
Je voilà c'est. D'accord ok donc c'est bon en fait. D'ailleurs. Bon je te dis un truc ça peut être hyper bien que tu mettes une petite blague sur ton téléphone si vous lisez ceci c'est que vous êtes en train d'être filmé.